Construire des ponts pour permettre un meilleur pilotage de l’information !

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J’ai eu la chance dernièrement de me voir offrir une tribune libre dans le livre blanc consacré à la Gouvernance de l’Information que Jean-Pascal Perrein a initié à la suite à l’observatoire GouvInfo qu’il avait lancé en fin d’année dernière (j’en profite pour le remercier chaleureusement). Cette tribune libre a été l’occasion pour moi d’aborder […]
Publié le 8 mars 2012 | ⏱ Temps de lecture : 1 minute

J’ai eu la chance dernièrement de me voir offrir une tribune libre dans le livre blanc consacré à la Gouvernance de l’Information que Jean-Pascal Perrein a initié à la suite à l’observatoire GouvInfo qu’il avait lancé en fin d’année dernière (j’en profite pour le remercier chaleureusement). Cette tribune libre a été l’occasion pour moi d’aborder un sujet qui m’est cher et que vous n’ignorez probablement pas, fidèle lecteur que vous êtes, l’intérêt des API ou en d’autres termes de la culture de l’interopérabilité dont elles sont le meilleur représentant.

Je vous propose un rapide extrait de l’introduction du livre blanc avant d’aller plus loin, car il me semble important de mettre quelques mots simple sur cette démarche très intéressante mais au nom quelque peu barbare ou tout du moins loin d’être sexy :

L’information est omniprésente dans notre environnement professionnel et personnel. Elle est liée à chaque action que nous faisons, dans notre véhicule, avec notre téléphone, notre ordinateur, notre messagerie, les logiciels que nous utilisons, les codes-barres, les puces RFID, les arrêts de bus, les panneaux publicitaires, etc.
En 2020, chaque être humain de notre petit monde, traitera l’équivalent de 150 000 informations par seconde (4 fois plus qu’en 2009).
La gouvernance de l’information est une discipline systémique qui s’exerce sur le temps. Elle suit une évolution profonde et culturelle de l’usage de l’information. Elle vous offre la possibilité d’avoir cette vue globale de l’information et ainsi de mieux comprendre et maitriser ses risques aux regards des menaces et d’en saisir les opportunités.

C’est l’un des tout premiers livres blancs consacrés à la gouvernance de l’information. L’exercice est salutaire car les contours de cette nouvelle discipline sont flous pour beaucoup. Il faut dire qu’elle embrasse large et semble bien conceptuelle à première vue.
Son champ d’application englobe l’ensemble des informations manipulées par une organisation (structurées ou non) auxquelles il s’agit d’appliquer des règles de bon fonctionnement et de contrôle. Le livre blanc insiste à plusieurs reprises sur la nature de l’enjeu, moins technique qu’organisationnel et culturel.
collaboratif-info.fr

Ce livre blanc peut être téléchargé sur le site de l’observatoire GouvInfo, ce que je vous invite vivement à faire. Vous constaterez ainsi certainement que vous faites de la Gouvernance de l’Information sans le savoir et disposerez de pistes et retours très instructifs de la part des différents intervenants qui ont contribué à sa rédaction.

Voici la tribune libre en question, sobrement intitulée « Libérer l’information ». Bonne lecture !

Libérer l’information

Comme le décrit ce livre blanc, la Gouvernance de l’Information consiste en un ensemble de règles, de mesures et d’organes permettant d’assurer le contrôle et la bonne circulation de l’information générée et manipulée par l’entreprise afin qu’elle soit en mesure d’en exploiter la quintessence. Et comme toutes les forces qui régissent le monde cette nouvelle pratique est à la fois Yin et Yang et peut être abordée sous l’angle tant défensif qu’opportuniste & disruptif. C’est cette vision Yang que j’aimerais développer ici en tentant d’apporter une réponse à la question suivante :

L’information doit-elle vraiment être gouvernée, ne vaudrait-il pas mieux la libérer ?

Les usages grand public d’aujourd’hui préfigurent nos organisations de demain. L’observation du monde du web et l’analyse des bonnes pratiques qui s’y sont imposées apportent de superbes enseignements permettant d’améliorer la valeur de l’information et de ses usages en entreprise. Tout comme sur le web, la production et la manipulation d’information va aller crescendo dans l’entreprise, c’est un fait vérifié. Ne rêvons pas, elle sera selon toute vraisemblance accompagnée par une multiplication des outils et services permettant d’y accéder (c’est d’ailleurs déjà le cas). Or qui dit multiplicité des outils et services sous-entend multiplicité des manières de gérer l’information, de la valoriser, d’en permettre l’accès, de la stocker, etc.

Avant d’aller plus loin, laissez-moi vous raconter une histoire qui s’est déroulé sur le web grand public. Tout a commencé avec une tendance de fond devenue depuis un standard adopté par les acteurs qui font le web : les API (des sortes de ponts attachés à une application informatique qui permettent facilement à d’autres applications d’interagir avec et d’en exploiter les données). Grâce à ces « ponts techniques» se sont développés des écosystèmes autour des applications contribuant à enrichir leurs « catalogues de service ». L’existence de ces écosystèmes a offert une plus grande liberté de choix aux utilisateurs pour accéder à un grand nombre de services et favorisé la créativité, l’innovation et les expérimentations.

Cependant, malgré cette forte valeur ajoutée les utilisateurs restaient toujours tributaires d’outils dont ils ne maîtrisaient ni les arcanes ni les fonctionnalités. Et puis un jour, une équipe a décidé qu’il devait être possible d’aller encore plus loin. Elle a décidé de créer une sorte de LEGO™ virtuel nommé «If This Then That» (//ifttt.com).

Cet outil proposait de manière extrêmement simple pour les utilisateurs de connecter à leur guise les différents services qu’ils utilisaient en inventant de nouveaux usages ! Le principe était enfantin, il suffisait de construire des règles simples du type « Si l’événement tic se produit sur le service bidule, alors effectuer l’action tac sur le service machin »..

Essayons maintenant de transposer cette belle histoire dans le monde de l’entreprise pour voir ce que cela pourrait donner. Partons du principe que les DSI fixent une règle d’intégration du système d’information pour toute application : l’éditeur de la solution doit livrer avec son application des APIs. Nous voilà donc avec un SI dans lequel chaque application, outil, service est interrogeable. Voyez-vous ou je veux en venir ? En développant un service similaire à « If This Then That » la DSI contribuerait à libérer l’information et la rendre 100% utilisable par l’entreprise à n’importe quel moment pour n’importe quel usage, existant ou non.

Quel employé ne rêverait pas que chaque document posté sur la GED dans son dossier projet entraine instantanément la création d’une nouvelle tache « à lire » dans son application de ToDoList ? Quel autre ne rêverait pas que chaque vidéo ou image ajoutée dans le réseau social de l’organisation sous un tag donné soit automatiquement classée dans ses espaces de fichiers ? Quelle valeur ajoutée que d’avoir à la réception d’un document papier, d’un dossier client, une mise à jour de l’ERP, un commentaire rajouté à son dossier, un délai calculé et inséré dans les statistique du suivi de la relation client, etc.

Ce qui est une fiction aujourd’hui pour l’entreprise est déjà une réalité sur le web et il y a fort à parier que cet usage grand public fait plus que préfigurer de ce que sera l’entreprise de demain. L’interopérabilité est en effet un des enjeux majeurs de l’évolution des SI ces prochaines années et de l’entreprise dans son ensemble car les usages qui en découleront apporteront de nouvelles manière de penser l’organisation, la collaboration, etc. D’une autre manière avec une vue extrême, pensez-vous que le futur du Système d’Information, soit d’avoir une unique application qui fasse tout, ou une multitude de mini applications interconnectables entres elles ?

Personnellement, j’ai confiance dans les évolutions technologiques pour permettre et rendre de plus en plus performante la seconde option. La grande difficulté : quelles informations faut-il faire piloter par ces « APIs » ? parce que pour libérer l’information, encore faut-il la connaître cette information. Et c’est précisément le grand apport de ce que l’on appelle la gouvernance de l’information.

Vous voyez, pour peu que l’on prenne le temps d’essayer de l’aborder sous un angle non conventionnel, la Gouvernance de l’Information n’est pas qu’une approche défensive, c’est aussi l’opportunité de rendre le SI plus agile, efficient, pérenne afin de maximiser la valeur ajoutée qu’il apporte aux métiers.

Fabien Grenet
Hensen Conseil
//www.hensen.fr



Fabien GrenetCofondateur de There is no spoon, Fabien est tout autant passionné par l'innovation et le numérique que par le jardinage. Il partage sa vision et son expérience sur ces pages, ainsi que ses expérimentations agricoles sur Le Potager Perché.

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